Qu'est-ce que l'immunité?

Le système immunitaire est un ensemble de mécanismes de défense de l’organisme face au "non-soi" : agents infectieux, mais aussi transformations des cellules du soi, lors du processus de cancérisation notamment. C’est un système complexe qui comprend deux volets essentiels et collaboratifs :

L’immunité innée

  • Présente chez tous les êtres vivants, est capable de s’attaquer à tout agent extérieur ou "anormal". Elle constitue la première barrière du système immunitaire car elle réagit de façon quasi instantanée contre la situation pathologique et transmet des informations qui mobilisent l’autre compartiment du système.
  • C’est dans ce domaine qu’Innate Pharma a un positionnement unique depuis sa création.

L’immunité adaptative

  • Elle a besoin de quelques jours pour se mettre en place et n’est présente que chez les vertébrés.
  • Elle est spécifiquement dirigée contre certaines caractéristiques du pathogène ou de la cellule transformée et elle est dotée d’une "mémoire".
  • C’est l’immunité adaptative que l’on met en jeu dans la vaccination par exemple, mais aussi avec les anticorps immunomodulateurs de nouvelle génération comme ipilimumab (anti-CTLA4 commercialisé par Bristol Myers-Squibb) ou les anti-PD1/PDL1 en essais cliniques.

Le système immunitaire comprend 2 volets :

 

Des immunothérapies non spécifiques aux immunothérapies ciblées

L’immunothérapie est un concept qui vise à faire en sorte que le système immunitaire du patient combatte sa propre maladie. Il s’agit d’une "vieille" approche thérapeutique puisqu’elle est née officiellement en 1890. Cette année-là, pour la première fois, un jeune chirurgien new-yorkais, William Coley, utilise des toxines bactériennes pour traiter des patients atteints de sarcomes. Il faudra cependant attendre 1922 pour confirmer son intuition et démontrer que le BCG (le vaccin contre la tuberculose) est effectivement capable de stimuler la réponse immunitaire. Aujourd’hui, les oncologues utilisent ce même BCG pour traiter les tumeurs localisées de la vessie.

Certaines cytokines (les "messagers" du système immunitaire) sont d’ailleurs devenues des standards de traitement en oncologie, comme l’interleukine-2 et l’interféron-α dans les cancers du rein métastatiques ou les mélanomes malins à haut risque. Néanmoins, au vu de leurs effets secondaires et de la modestie des réponses cliniques de beaucoup d’immunothérapies, l’approche a longtemps suscité beaucoup de scepticisme chez les cliniciens quant à la possibilité de l'utiliser de façon large.

Au cours des deux dernières décennies, grâce aux progrès de l’imagerie et de la génétique moléculaire, les immunologistes ont franchi une étape décisive. Après avoir établi les grands principes d’organisation du système immunitaire, décrypté la biologie de ses cellules, disséqué les cascades moléculaires à l’origine de leur activation, identifié de nombreux antigènes tumoraux, exploré la façon dont les cellules cancéreuses parviennent à échapper à l’action de notre système immunitaire, ils tentent désormais de prédire son fonctionnement et de le manipuler "à façon". 

Leurs découvertes se sont déjà traduites en applications cliniques et progressivement les "dopants" non spécifiques de l’immunité comme les cytokines laissent la place aux immunothérapies ciblées.

Plutôt que de déclencher une activation généralisée du système immunitaire, ces nouvelles immunothérapies permettent de forcer la reconnaissance et l’élimination de la tumeur ou des cellules qui l’environnent par certains lymphocytes tueurs (anticorps cytotoxiques), "d’apprendre" aux cellules immunitaires du patient à reconnaître et à détruire les cellules cancéreuses qui l’attaquent (vaccins thérapeutiques), de moduler sélectivement l’activité de telle ou telle famille de globules blancs (anticorps immunomodulateurs).

 

L’immuno-oncologie : 30 ans d’innovation   

 

La révolution scientifique des cibles

Les premières cibles thérapeutiques ont été identifiées à la surface des cellules tumorales et ont permis de générer des anticorps reconnaissant spécifiquement ces cibles qui "signent une transformation maligne" et capables de recruter les lymphocytes tueurs pour les éliminer. Au premier rang de ces cellules tueuses on trouve les cellules NK.

De nouvelles cibles pour le développement d'immunothérapies se trouvent sur les cellules effectrices et ici la stratégie consiste à activer selectivement un type de cellules immunitaires donné. Ces cibles ont donné naissance à plusieurs anticorps immunomodulateurs, dont un premier autorisé en 2011. La plupart de ces immunothérapies concerne des cibles au sein du compartiment adaptatif de l'immunité.

Le décryptage des mécanismes de fonctionnement des cellules de l'immunité innée a permis de mettre à jour de nouvelles cibles, cette fois à la surface de lymphocytes de l’immunité innée comme les cellules NK. Le mécanisme d’action des anticorps ciblant les cellules NK est identique à celui des immunodulateurs des lymphocytes T : en empêchant l’inhibition des cellules NK par la tumeur, ils les activent et déclenchent la lyse tumorale.

Activation du système immunitaire

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Biocentury innovations

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